C’est aujourd’hui qu’Air France devrait annoncer à ses salariés les mesures que la direction va prendre pour tenter de redresser Air France qui, depuis de longues années, perd des centaines de millions d’euros. Suite à l’échec des négociations avec les pilotes la semaine dernière, la direction devrait annoncer 3000 suppressions de poste dont 1000 chez les navigants. Certaines de ces suppressions se feront par des licenciements secs.
Face à la position du syndicat des pilotes les commentaires et réactions sont unanimes, elles dénoncent une « vision corporatiste » qui met Air France en danger de mort.
«Quand le dialogue est bloqué par une minorité sur des visions purement individuelles et corporatistes, oui ça peut mettre en danger l’ensemble», a déclaré Michel Sapin. Puis il a ajouté ; «On vit sur cette image d’une compagnie belle, conquérante, grande référence mondiale, elle l’est toujours, mais tout a bougé autour», a-t-il poursuivi, citant le développement du low-cost et des compagnies de très grande qualité, notamment orientales et dans les pays du Golfe. «Air France s’est fait écraser, pris en tenaille entre deux évolutions (…) il faut donc regagner sur les deux bouts.»
Du coté s’Emmanuel Macron le discours est tout aussi clair ; «Il faut regarder les chiffres en face: la situation financière, industrielle du groupe est difficile. (…) Donc il faut conduire ces réformes. Donc le gouvernement appuie l’entreprise dans la voie des réformes qui sont conduites, et ces réformes ne peuvent être conduites que si tout le monde prend ses responsabilités, et en l’espèce, les syndicats de pilotes»
Manuel Valls a indiqué «J’en appelle toujours à la responsabilité. Pour s’adapter il faut évoluer. Le statu quo n’est pas possible, sinon c’est l’ensemble du personnel qui est menacé». Il a rappelé que «Si Air France n’évolue pas, elle se met en danger. On sait qu’une compagnie peut disparaître»
A droite le discours est identique. Alain Juppé a lancé u appel aux pilotes. «On demande aux pilotes de consacrer 6 vols supplémentaires par an sans augmentation de salaire mais sans suppression de postes», a indiqué l’élu Les Républicains qui réclame alors un peu de «bon sens». Alain Juppé leur lance un appel: «Sauvez Air France».
Bruno Le Roux , rapporteur d’un beau rapport sur le pavillon Françaix, a dit être «très, très inquiet de la situation de la compagnie Air France et surtout du manque de lucidité dans ce moment pour faire les réformes qui sont essentielles à la survie de l’entreprise». «Il y a un risque de disparition du pavillon français. La compagnie Air France existera certainement toujours. Est-ce qu’elle sera française ou est-ce qu’elle ne sera pas? On voit aujourd’hui qu’il y a des compagnies, notamment des compagnies du Golfe, qui regardent de notre côté»
Alain Vidalies ; «Une négociation n’est jamais terminée, il n’est jamais trop tard pour négocier. Si la direction et les pilotes peuvent reprendre la négociation, il est souhaitable qu’ils le fassent, sachant qu’il y a une certaine urgence»
Le leader de la CFDT a exprimé son point de vue sur le SNPL ; «C’est du syndicalisme qui part en vrille, le syndicalisme à la mode SNPL, c’est un syndicalisme corporatisme, qui ne prend pas du tout en compte l’intérêt de la majorité, de la totalité des salariés d’Air France», a fustigé Laurent Berger dans l’émission «C à dire» sur France 5. Cette année, «ils ont eu la possibilité, à travers une négociation catégorielle, (…) d’éviter des suppressions d’emplois, sauf qu’ils préfèrent considérer que les efforts sont à faire plutôt du côté du personnel au sol, c’est détestable»!
Les autres syndicats chez Air France sont tous dépités et, comme Ronald Noirot, évoque « un gâchis » et sont « dépites ». Le syndicaliste persiste en qualifiant le SNPL de «coterie qui protège ses privilèges» et qui est «en train de faire disparaître une entreprise»
Les jours à venir ne vont certainement pas être simples chez Air France.