Site icon PNC Contact

Le point sur les recherches du MH370

Publicités
Partages
Boeing 777 Malaysia Airlines © Domaine Public

Les recherches de l’épave

Après une première phase infructueuse, elles ont repris le 6 octobre, sous l’impulsion des gouvernements Australien et Chinois, (ces derniers avaient 153 ressortissants sur les 239 victimes du vol), qui ont envoyé plusieurs navires dans le Sud de l’Océan Indien.
Le Go Phoenix, qui dispose de 12 jours d’autonomie, et le Fugro Discovery vont immerger à 5.000 ou 6.000 mètres de puissants sonars programmés pour détecter les parties volumineuses de l’épave de l’avion comme les moteurs, le train d’atterrissage et le fuselage.
Auparavant, un navire d’étude chinois, le Zhu Kezhen et un navire australien, le Fugro Equator, ont scanné les fonds sur près de 110.000 kilomètres carrés.

Les recherches sont prévues pour durer un an.

Publicités

Dans un article du 25 mars 2014, 17 jours après la disparition du vol MH 370, je déclarais que « si les enregistreurs ne sont pas retrouvés pendant qu’ils émettent, il y a une forte probabilité pour cette énigme reste non résolue. »
Aujourd’hui, mon opinion à ce sujet n’a pas changée quand on voit ces navires qui continuent à chercher une aiguille dans une meule de foin, alors que le Ministre Australien des Transports a déclaré avec réalisme et humour « qu’avant de chercher une aiguille, il faudrait trouver la meule », ce qui situe parfaitement le problème !

Les enquêteurs ont retenu l’hypothèse d’une hypoxie des pilotes et des passagers

Le 26 juin 2014, l’ATSB (Australian Transport Safety Board) a publié un rapport de 60 pages qui fait le point sur la disparition de vol MH 370.
Selon les enquêteurs australiens : « Une hypoxie de l’équipage apparait comme la meilleure hypothèse pendant que le MH 370 volait vers une direction vers le Sud. » NDLR, rappelons que l’hypoxie signifie la perte de conscience du fait de manque d’oxygène.

Cette hypothèse des enquêteurs australiens confirme celle qu’avait émis Boeing dans un article du magazine Aviation Week & Space Technology du 24 mars 2014 : « Boeing retient parmi les causes potentielles celle d’une hypoxie ou asphyxie de l’équipage. La source vraisemblable de cette éventualité serait un feu progressif, émanant de la soute électronique ou d’autres endroits dans l’espace inférieur ».

Pourquoi cette hypoxie ?

S’il y a eu hypoxie, c’est que la pressurisation de l’avion a disparu et il faut une raison. Cela a pu être :

a) Un défaut de fonctionnement de cette fonction, mais dans le cas du MH 370, cette hypothèse est peu probable, car elle n’expliquerait pas la coupure du Transpondeur et celle des communications automatiques ACARS, qui ne sont évidemment pas affectés par une perte de pressurisation.

b) D’une perte de pressurisation brutale résultant d’une explosion et/ou d’incendie

Les effets destructeurs d’une explosion du fret de batteries lithium

Des essais ont montré que ce type d’explosion amenait pendant 3 minutes une température de 1200° Celsius !

Dans le cas du MH 370, l’hypothèse la plus probable est celle de l’explosion des batteries au Lithium-ion, qui ouvre une large brèche dans la carlingue et provoque la mise hors service de certains équipements de transmission, soit du fait de l’explosion, soit du fait d’un incendie, ou des deux causes simultanément.

En quelques secondes, la pressurisation disparait et la cabine entière est plongée à la température extérieure de -56° Celsius qui règne à 11.500m. Les masques oxygène des passagers tombent, mais ils ne fourniront de l’O² que pour une quinzaine de minutes et après, c’est la perte de conscience vers une mort rapide et frigorifiée.

Théoriquement, les pilotes auraient eu le temps de mettre leurs masques, qu’ils ont à portée de la main et qui sont à pose rapide d’une seule main en moins de 3 secondes et ils ont probablement eu quelques secondes disponibles. Ce court laps de temps permet à l’un d’eux de couper le pilote automatique, qui entraine l’avion vers Pékin, pour effectuer un virage pour revenir vers Kuala Lumpur. Il passe sur le mode « Heading » (maintien d’un cap constant), affiche un cap de retour approximatif vers Kuala Lumpur, ainsi que la fonction « Altitude Hold », qui maintient le niveau de croisière de 35.000 pieds.

Théoriquement, les pilotes auraient dû garder leur alimentation d’oxygène, si le système avait fonctionné correctement. Ils auraient alors conservé la maitrise du vol et seraient revenus se poser à Kuala Lumpur.
Mais, pour des raisons inconnues et qui selon moi ont toutes les chances de le rester, cela ne s’est pas passé comme cela et l’avion s’est retrouvé avec des pilotes d’abord évanouis, puis morts et cet avion s’est maintenu en vol à son cap et altitude, jusqu’à ce le pétrole soit épuisé et que les réacteurs s’arrêtent, l’un après l’autre, l’avion partant en perte de contrôle jusqu’à percuter la mer au large de l’Australie.

Sur les raisons qui n’ont pas permis aux pilotes de conserver la disponibilité des pilotes, on restera ad vitam eternam dans les conjectures et même si on retrouvait les enregistreurs, il est probable qu’ils ne donneraient pas de réponses certaines sur les raisons pour lesquelles ils ont sombré dans le néant. Étant donné qu’ils ont eu un court instant de disponibilité pour modifier la conduite de l’avion et sa trajectoire, quelque chose s’est produit un instant après qui les a mis hors course. Selon moi, ce pourrait être, peut-être, une accumulation de fumée très toxique qui leur aurait fait perdre conscience. Ajoutons quelque chose qui n’a jamais été évoqué, c’est que l’un des pilotes n’était peut-être pas dans le cockpit, parti par exemple aux toilettes et que celui au poste n’a pu mettre ou utiliser correctement son masque à oxygène.

L’hypothèse d’un détournement est invraisemblable

Personne ne remet en cause de façon démonstrative le fait que l’avion a volé pendant 7 heures en ligne droite pour aller se crasher dans une région désertique de l’Océan Indien.

Cela tire un trait définitif sur l’affabulation d’une tentative d’attaque de la base US de Diego Garcia, car la trajectoire de 7 heures de l’avion n’allait pas par là.

Avec ce vol de 7 heures, on a du mal à concevoir que dans l’hypothèse d’un détournement terroriste, ceux-ci aient choisi d’aller disparaitre ainsi, je dirais bêtement, sans communication ni objectif médiatique affiché.

Peu cohérente non plus l’hypothèse d’une dépressurisation volontaire par les pilotes, qui ferait occire les passagers et le PNC, mais pourquoi cela, si c’était pour aller se planter stupidement ensuite après un vol sans but.

Reste l’hypothèse d’une dépressurisation volontaire par des terroristes qui auraient pris le contrôle de l’avion, mais on retombe sur la question : pourquoi cela, si c’est pour aller se planter pas loin des Ile Kerguelen, sans aucune annonce ni objectif médiatique.

Pour bien longtemps, le vol MH 370 risque fort de rester une énigme obsédante et préoccupante.

Avec l’aimable autorisation de Roger Christian
Partages
Publicités
Quitter la version mobile